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QU'EST-CE QUE LA


Il faut en finir avec les idées reçues. Le "transsexualisme" n'est ni un fantasme, ni une sexualité, ni une perversion, ni une maladie mentale. C'est une question de sexe psychologique.

  • Sexe psychologique : sentiment d'être fille/femme ou garçon/homme. Il se structure de façon irréversible très tôt dans l'enfance. Aucune psychothérapie, psychanalyse, aucun traitement ne peut le changer.

  • Identité sexuée ou identité de genre : féminité ou/et masculinité, présente de façon plus ou moins variable chez une personne, qui fluctue au cours de la vie. On peut être une femme masculine ou un homme féminin, sans pour autant douter d'être une femme ou un homme.

  • Identité sexuelle : prise de conscience de son sexe anatomique (mâle ou femelle), c'est-à-dire le constat et la reconnaissance de ses organes génitaux externes.

  • Attirance affective et sexuelle ou orientation sexuelle : hétérosexualité, homosexualité et bisexualité. Les unes et les autres sont "normales".

Les composantes de l'identité sexuée ou de genre, de l'identité sexuelle et de l'attirance affective et sexuelle se structurent postérieurement et à partir du sexe psychologique.

Le Dr Harry BENJAMIN est le premier médecin à décrire avec justesse la réalité du syndrome "transsexuel". - Je voudrais rappeler à chacun un fait fondamental : je veux parler de la différence entre le sexe et le genre. Le sexe, c'est ce que l'on voit, le genre c'est ce que l'on ressent. L'harmonie des deux est essentielle au bonheur humain. -
(A l'époque le sexe psychologique et l'identité de genre étaient confondues.)

  • Syndrome : ensemble de signes et/ou de symptômes qui caractérisent une maladie, une affection ou un handicap dont l'origine est inconnue.

  • Syndrome de Benjamin ou "transsexualisme" : le sexe psychologique se développe en opposition au sexe anatomique.

En attendant de savoir si la "transsexualité" est une maladie ou un handicap, c'est un syndrome qui nécessite des soins médicaux de longue durée, (traitement hormonal, chirurgie, accompagnement psychologique).

Il nous semble préférable de parler et d'écrire syndrome de Benjamin féminin ou "transsexuelle" quand il s'agit d'un homme au sexe psychologique féminin (conversion homme vers femme) et de syndrome de Benjamin masculin ou "transsexuel" quand il s'agit d'une femme au sexe psychologique masculin (conversion femme vers homme).

Pour leur très grande majorité, les individus ne se posent pas la question de savoir s'ils sont hommes ou femmes. Leur sexe psychologique est en accord avec leur sexe anatomique, celui-ci leur servant de repère. Il n'en est pas de même pour les "transsexuels/les" qui sentent un décalage entre leur sexe psychologique et leur sexe physique. Les personnes concernées sont conscientes de leur sexe anatomique mais il ne correspond pas à leur sexe psychologique.

Comme pour toute autre personne, l'attirance affective et sexuelle des personnes atteintes du syndrome de Benjamin peut être hétéro, lesbienne, gai ou bi. Leur sexualité n'est pas différente de celle du reste de la population.

La sexualité et les pratiques sexuelles sont tout aussi variées (jeux sexuels, sadomasochisme, domination, fétichisme...). Le préservatif s'utilise de la même façon et pour les mêmes raisons. Ces personnes n'exposent pas leur sexualité car ce n'est pas là leur problème.

A cause de leur aspect physique "normal", les personnes dites "transsexuelles" sont niées dans leur existence même et dans ce qu'elles ressentent. A tel point qu'elles arrivent à croire qu'elles déraisonnent. Ainsi, toute leur enfance et une partie de leur vie d'adulte sont gâchées. Puis il leur faut plusieurs années, après avoir essayé de s'adapter, pour qu'elles acceptent leur nature.

Pour retrouver leur unicité, (correspondance entre le sexe psychologique et le sexe anatomique), les personnes concernées par le syndrome de Benjamin n'ont pas d'autres solutions que les traitements médicaux et chirurgicaux. La "transsexuelle" devient physiquement une femme et le "transsexuel" devient physiquement un homme. Seul le physique change, pas le sexe psychologique.

Cette transformation n'est pas parfaite, les traitements médicochirurgicaux ne font qu'adapter le corps du patient pour lui permettre de vivre "normalement" dans l'autre sexe. Il est évident que ces traitements ne changent pas la formule chromosomique du sujet. Ils rendent le patient définitivement stérile et nécessitent une prise d'hormones à vie ou jusqu'à 60 ans. Les personnes dites "transsexuelles" considèrent ces traitements, s'ils sont bien faits, comme une réparation, non comme une mutilation. Ces traitements améliorent la vie des personnes concernées.

Le syndrome de Benjamin ou "transsexualisme" est donc un état transitoire, le temps de la transition d'un sexe à l'autre depuis la prise de conscience jusqu'au changement d'état civil. Cette phase transitoire dure plusieurs années.

Durant cette phase de transition, les personnes atteintes du syndrome de Benjamin se trouvent dans une situation presque équivalente aux personnes "sans papier". C'est l'exclusion qui peut amener à perdre travail, logement, etc. Il n'y a pas de structure adaptée pour loger celles qui sont SDF et qui sont parfois internées en hôpital psychiatrique. Des personnes sont amenées à se prostituer pour survivre et cette activité peut en conduire certaines à la drogue, à l'alcool, aux MST et SIDA... Toutes ces difficultés acculent de nombreuses personnes au désespoir, à la dépression chronique, voire à l'automutilation ou au suicide.

La réalisation de soi ne devient un succès complet qu'avec le changement d'état-civil (le changement du sexe et des prénoms sur l'acte de naissance).

Du fait de l'absence d'une loi et de leur conservatisme, les tribunaux français continuent encore de refuser ce changement à des personnes pourtant opérées, créant ainsi une nouvelle catégorie de "sans papiers" et d'exclus, cela, malgré la condamnation de la France par la Cour Européenne des Droits de l'Homme en avril 1992.

Le syndrome de Benjamin est rare, en France, il concerne environ 5.000 personnes selon des statistiques extrapolées des Pays-Bas.

Seule une minorité de ces personnes a officiellement accès aux soins médicaux en France et remboursés par la Sécurité Sociale. De plus, la qualité de ces soins est déplorable, surtout en ce qui concerne la chirurgie.

Quant à l'accompagnement social et au soutien psychologique, ils sont inexistants.

Les opérations de changement de sexe ne devraient pas être la condition du changement de sexe à l'état-civil. Une stérilité irréversible est obtenue après au moins un an de traitement hormonal pour les deux sexes. Suivre un traitement hormonal depuis au moins un an (voire deux si on veut se donner de la marge) devrait être la seule condition exigée.

Nous voulons obtenir rapidement :

  • Le respect des droits civiques et de la Convention Européenne des Droits de l'Homme.

  • Une carte nationale d'identité provisoire et renouvelable ne mentionnant que les prénoms d'usage.

  • Une carte de Sécurité Sociale avec un numéro en conformité avec l'aspect physique de la personne et ne mentionnant que les éléments de la carte nationale d'identité provisoire.

Dans la vie de tous les jours, il y a tant de démarches où nous devons justifier de notre identité en montrant nos papiers : pour le règlement d'achats par chèque, à la banque pour ouvrir un compte, pour retirer de l'argent au guichet, pour le droit à un prêt, à la poste pour le retrait d'un recommandé ou d'un colis, pour l'obtention d'un travail, d'une formation professionnelle, pour le passage d'un diplôme, pour le droit aux différentes prestations sociales, à l'hôpital, chez les médecins, pour la location ou l'acquisition d'un logement, à l'EDF, pour le téléphone, pour les assurances, pour le permis de conduire, pour la carte grise, pour l'achat d'une voiture, à un contrôle de police, au passage des frontières, il y a même des pays où nous sommes interdits de séjour, pour le vote, etc. La liste est encore longue.

A chacune de ces démarches, les personnes dites "transsexuelles" subissent l'humiliation de devoir justifier de leur identité et donc de leur "transsexualité".

En l'absence de loi, les personnes atteintes du syndrome de Benjamin ne peuvent bénéficier de droits identiques aux autres citoyens et elles subissent quotidiennement une atteinte à leur vie privée. De même, elles ne peuvent jouir des libertés fondamentales. Tout cela est en totale opposition avec les Droits de l'Humain et du Citoyen.

Il est donc urgent que nous soyons respectés et aidés !

RECHERCHE ET SOCIÉTÉ

Des problèmes chromosomiques, génétiques, hormonaux peuvent affecter plus ou moins gravement le sexe durant la grossesse.
Dès la fécondation, l'embryon exécute un programme génétique de différentiation sexuelle. Durant les premières semaines, les ébauches des deux sexes sont présentes. Puis sous l'action de divers éléments, un sexe va se développer et l'autre régresser puis disparaître. Le cerveau est la phase ultime de la différenciation sexuelle.

Des chercheurs hollandais défendent la thèse selon laquelle il y aurait un problème au niveau de la différenciation sexuelle du cerveau chez les transsexuels. Leur hypothèse était vérifiée pour les 6 cas de syndrome de Benjamin féminin observés. Cette recherche en est à ses débuts car elle ne peut être faite que sur des cadavres, et les personnes concernées par le syndrome de Benjamin sont rares, d'où le manque de données. C'est l'histoire de l'oeuf ou de la poule : Est-ce la structure qui influence le sexe psychologique ou est-ce l'inverse ?

En France, seule la voie psychiatrique a été explorée, lobotomies, électrochocs, cures de sakel, antidépresseurs, neuroleptiques, mais sans succès. Faute de mieux, certains psychiatres se sont rangés à l'idée des traitements médicochirurgicaux.

Certains courants psychanalytiques, beaucoup plus rigides, croient pouvoir "guérir" le syndrome de Benjamin par la psychothérapie. Après l'homosexualité, c'est au tour de la "transsexualité"...

Des individus se croient investis d'une mission : "sauver" la société en protégeant la procréation, les bonnes moeurs et la morale. Ce sont souvent les mêmes qui veulent des femmes féminines, des hommes masculins, le mariage et l'hétérosexualité, qui sont contre la contraception, l'avortement, l'union libre, le PACS, le préservatif... Bientôt, ils exigeront le retour des femmes au foyer...

Le sexisme, l'homophobie et la "transphobie" sont des formes de racisme !

Le collectif de l'Association du Syndrome de Benjamin